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Locataires en retard de paiement : comment rédiger une relance efficace et légale ?

Locataires en retard de paiement : guide complet pour une relance efficace et conforme

Un loyer non réglé à temps peut rapidement devenir une source de stress pour les propriétaires. Entre la nécessité de récupérer les sommes dues et le souhait de maintenir une relation apaisée avec son locataire, la rédaction d’une relance écrite s’impose comme une étape cruciale. Voici comment procéder avec professionnalisme, en respectant les obligations légales et en maximisant vos chances d’être payé.

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Pourquoi une relance écrite est-elle indispensable ?

Avant d’envisager des mesures plus strictes (comme une procédure judiciaire), une lettre de relance formelle permet de :

- Rappeler officiellement l’obligation de paiement au locataire. - Créer une preuve écrite en cas de litige futur (tribunal, assurance loyers impayés). - Préserver le dialogue en évitant une escalade conflictuelle. - Respecter la loi : en France, une mise en demeure écrite est souvent requise avant toute action en justice (article 7 de la loi du 6 juillet 1989).

⚠️ À noter : Une relance orale ou un SMS ne suffisent pas sur le plan juridique. Seule une lettre (email ou courrier recommandé) fait foi.

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Quand et comment envoyer la relance ?

1. Délai à respecter avant la relance

La loi n’impose pas de délai minimal pour envoyer une première relance, mais une approche progressive est recommandée :

- J+5 après la date d’échéance : Un rappel courtois (email ou lettre simple) pour un oubli éventuel. - J+15 : Une relance plus formelle, avec mention des pénalités de retard si prévues dans le bail. - J+30 : Une mise en demeure officielle (courrier recommandé avec AR), étape obligatoire avant toute action en justice.

💡 Conseil : Vérifiez votre contrat de location. Certaines clauses prévoient des pénalités de retard (jusqu’à 10% du loyer par mois de retard, dans la limite légale).

2. Mode d’envoi : email ou courrier ?

| Support | Avantages | Inconvénients | |--------------------|----------------------------------------|---------------------------------------| | Email | Rapide, économique, preuve numérique | Moins formel, risque de spam | | Lettre simple | Plus officiel qu’un email | Pas de preuve de réception | | LRAR | Preuve légale incontestable | Coût (≈3€) et délai postal |

📌 Recommandation : Pour une première relance, un email peut suffire. En cas de silence, optez pour un courrier recommandé avec accusé de réception (LRAR).

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Modèle de lettre de relance : structure et exemples

1. Première relance (courtoise)

Objet : Rappel – Loyer du [mois/année] non réglé

Madame/Monsieur [Nom du locataire],

Nous constatons que le paiement du loyer pour le mois de [mois] (montant : [XXX] €), échu le [date], n’a pas encore été effectué.

Un oubli est toujours possible. Nous vous remercions de bien vouloir régulariser cette situation sous 8 jours par virement (IBAN : [votre RIB]) ou chèque.

Pour toute question, n’hésitez pas à nous contacter au [téléphone] ou par retour de mail.

Cordialement, [Votre nom] [Adresse] [Téléphone]

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2. Deuxième relance (formelle avec rappel des pénalités)

Objet : Mise en demeure – Loyer impayé et pénalités de retard

Madame/Monsieur [Nom],

Malgré notre précédent rappel en date du [date], le loyer de [mois] (XXX €) reste impayé à ce jour. Conformément à l’article [X] de votre bail, des pénalités de retard de [X]% s’appliquent dès le [date].

Le montant total dû s’élève désormais à [XXX + pénalités] €. Nous vous demandons de régulariser sous 15 jours à compter de la réception de ce courrier, à défaut de quoi nous serons contraints d’engager des poursuites.

Veuillez agréer, Madame/Monsieur, nos salutations distinguées. [Signature]

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3. Mise en demeure officielle (LRAR – étape préalable à un recours)

Objet : Mise en demeure de payer – Dernier rappel avant action en justice

Madame/Monsieur [Nom],

Par courrier recommandé avec accusé de réception, nous vous mettons en demeure de régler sans délai : - Le loyer de [mois] : XXX € - Les pénalités de retard : XXX € - Total dû : [XXX] €

À défaut de paiement sous 30 jours, nous nous réservons le droit de : ✅ Résilier le bail (article 7 de la loi du 6/07/1989) ✅ Saisir la commission départementale de conciliationEngager une procédure judiciaire (avec frais à votre charge)

Nous restons à votre disposition pour un règlement amiable avant cette échéance.

Cordialement, [Votre nom] [Coordonnées]

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Que faire si le locataire ne répond pas ?

Si malgré vos relances, le locataire persiste à ne pas payer, voici les étapes suivantes :

  1. Saisir la commission départementale de conciliation (gratuit, obligatoire avant un procès).
  1. Engager une procédure en justice :
- Assignation en paiement devant le tribunal judiciaire (coût : ≈200-500€ avec avocat). - Demande de résiliation du bail si les impayés dépassent 2 mois.
  1. Faire appel à une assurance loyers impayés (GLI) si vous en avez souscrit une.

⚠️ Attention : Évitez les coupures d’électricité ou changements de serrure (illégaux en France).

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Erreurs à éviter absolument

Menaces non fondées (ex. : "Je vais vous expulser demain") → Risque de poursuites pour harcèlement. ❌ Relances trop agressives → Peut braquer le locataire et compliquer un règlement amiable. ❌ Négliger les preuves → Conservez copies des relances, relevés bancaires, etc. ❌ Oublier les délais légaux → Une expulsion sans procédure est illégale.

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En résumé : checklist pour une relance efficace

Vérifiez le bail (clauses sur les pénalités, délais). ✅ Envoyez une 1ère relance courtoise (email ou lettre simple). ✅ Passez à une mise en demeure formelle (LRAR) après 15-30 jours. ✅ Mentionnez les conséquences légales (résiliation, poursuites). ✅ Conservez toutes les preuves (copies, AR, emails). ✅ Consultez un avocat ou un conciliateur en cas de silence persistant.

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Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil juridique personnalisé. Pour des situations complexes, consultez un professionnel.