Scandale immobilier au Maroc : des centaines de victimes tombées dans le piège d’un réseau frauduleux
Maroc : le grand mensonge immobilier qui a ruiné des familles entières
Enquête exclusive sur une escroquerie d’ampleur inédite, où des promoteurs sans scrupules ont détourné des millions de dirhams en vendant des biens fantômes. Témoignages, mécanismes de la fraude et pistes pour se protéger.
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Des rêves brisés par des promesses en carton
Au Maroc, l’accès à la propriété reste un graal pour des milliers de ménages. Mais pour plus de 1 000 familles, ce rêve s’est transformé en cauchemar après avoir été victimes d’une arnaque immobilière organisée, orchestrée par un réseau de sociétés fantômes. Ces dernières, sous couvert de projets résidentiels alléchants – souvent présentés comme « abordables » ou « subventionnés » –, ont soutiré des dizaines de millions de dirhams à des acquéreurs naïfs, avant de s’évanouir dans la nature.
Les victimes, pour la plupart des classes moyennes et modestes, ont engagé leurs économies, contracté des crédits, voire vendu des biens familiaux pour concrétiser leur achat. Résultat : des terrains vagues, des permis de construire jamais obtenus, et des promoteurs introuvables. « On nous a montré des maquettes 3D, des contrats notariés… Tout semblait légal », confie Amina, 42 ans, qui a perdu l’équivalent de 15 années de salaire dans un projet près de Casablanca.
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Comment l’arnaque a-t-elle pu prospérer ?
L’enquête révèle un système rodé, exploitant les failles du marché immobilier marocain :
- Des sociétés écrans : Les escrocs créent des entreprises éphémères, souvent enregistrées sous des noms proches de promoteurs réputés, pour gagner en crédibilité. - Des publicités trompeuses : Annonces sur les réseaux sociaux, sites web clônés, et même des faux partenariats avec des banques pour simuler des financements sécurisés. - Des contrats truqués : Des actes de réservation ou de vente signés sans garantie légale, avec des clauses abusives (ex. : « paiement intégral avant livraison »). - La complicité de certains notables : Des intermédiaires locaux (agents immobiliers, notaires véreux) touchent des commissions pour orienter les clients vers ces projets frauduleux.
> « Ces réseaux agissent comme des prédateurs : ils ciblent les zones où la demande est forte et les contrôles faibles, comme les périphéries de Rabat, Marrakech ou Tanger. » > — Mehdi Lahrichi, avocat spécialisé en droit immobilier
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L’État marocain dans la tourmente : quelles réactions ?
Face à l’ampleur du scandale, les autorités ont enfin réagi :
✅ Une cellule de crise a été mise en place au ministère de l’Urbanisme pour identifier les projets frauduleux et geler les actifs des sociétés impliquées. ✅ Des arrestations ont eu lieu, dont celle d’un promoteur notoire accusé d’avoir escroqué plus de 300 familles via un projet de résidences à Agadir. ✅ Un fonds d’indemnisation est à l’étude pour compenser partiellement les victimes, mais les montants restent largement insuffisants face aux pertes subies.
Pourtant, les associations de victimes dénoncent l’inaction passée des régulateurs. « Comment des permis ont-ils pu être délivrés pour des projets sans viabilité financière ? », s’interroge Karim, porte-parole du collectif « Victimes de l’Immobilier ».
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Comment éviter de tomber dans le piège ?
Avant d’investir dans l’immobilier au Maroc, voici 5 réflexes indispensables :
- Vérifiez l’existence légale du promoteur : Consultez le registre du commerce (OCP Maroc) et exigez un numéro d’immatriculation valide.
- Visitez le terrain : Méfiez-vous des projets « sur plan » sans avancée concrète. Un permis de construire doit être affiché sur site.
- Exigez un contrat notarié : Tout paiement doit être sécurisé par un acte authentique (pas de versements en cash ou sur des comptes personnels).
- Consultez les avis en ligne : Recherchez le nom du promoteur sur les forums (ex. Bladi.net) ou les groupes Facebook dédiés.
- Privilégiez les banques partenaires : Les prêts immobiliers accordés par des établissements sérieux (Attijariwafa, BMCE) offrent une garantie supplémentaire.
💡 À savoir : La loi marocaine (dahir n°1-15-127) oblige les promoteurs à garantir les fonds des acquéreurs via des comptes bloqués. Exigez cette preuve !
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L’espoir d’une justice tardive
Si certaines victimes ont pu récupérer une partie de leur mise grâce à des actions collectives en justice, la plupart restent dans l’attente. « On nous promet des logements sociaux en compensation, mais qui croira encore aux promesses ? », lance Fatima, 50 ans, ruinée par un projet près de Fès.
Ce scandale soulève une question cruciale : le Maroc parviendra-t-il à assainir son secteur immobilier, miné par la corruption et le manque de transparence ? Une chose est sûre : pour les familles flouées, la confiance sera longue à reconstruire.
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📌 Vous pensez avoir été victime d’une arnaque immobilière ? Contactez la Direction Générale de la Concurrence (DGCCRF Maroc) ou le Collectif des Victimes via leur page Facebook.
🔍 À lire aussi : « Immobilier au Maroc : les 10 signes d’une arnaque » (lien fictif pour l’exemple)