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Disparition du Pinel : quel avenir pour les investisseurs et les locataires en 2024 ?

La fin d’une ère : le Pinel tire sa révérence, le marché locatif sous tension

Le 31 décembre 2023 a marqué un tournant historique pour l’immobilier français : la disparition définitive du dispositif Pinel, après près d’une décennie d’existence. Quelles en sont les répercussions pour les investisseurs, les locataires et l’équilibre du parc locatif ? Décryptage des enjeux et des solutions pour naviguer dans ce nouveau paysage.

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Pourquoi le Pinel a-t-il été supprimé ? Un bilan mitigé

Instauré en 2014 pour stimuler la construction de logements neufs et favoriser l’accès au logement intermédiaire, le dispositif Pinel a connu un succès incontestable… mais aussi des critiques croissantes. Voici les raisons principales de son abandon :

- Un coût exorbitant pour les finances publiques : Plus de 20 milliards d’euros de niches fiscales accordées depuis sa création, selon la Cour des comptes, pour des résultats jugés insuffisants en matière de mixité sociale. - Des dérives spéculatives : Concentration des investissements dans des zones déjà tendues (comme Paris, Bordeaux ou Lyon), aggravant les déséquilibres territoriaux. - Un impact limité sur les loyers : Malgré les plafonds imposés, les prix ont continué de grimper dans les métropoles, rendant l’accès au logement toujours plus difficile pour les ménages modestes. - Un effet d’aubaine pour les promoteurs : Certains projets, initialement non rentables, ont été lancés uniquement pour bénéficier de l’avantage fiscal, sans réponse réelle aux besoins locaux.

> « Le Pinel a créé une bulle artificielle dans le neuf, sans résoudre la crise du logement abordable. »Économiste spécialisé en immobilier, interviewé par Les Échos.

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Quels impacts concrets pour les investisseurs en 2024 ?

La fin du Pinel ne signifie pas la fin des opportunités, mais elle impose une stratégie repensée pour les propriétaires-bailleurs. Voici ce qui change :

Ce qui reste avantageux

- Les engagements en cours sont préservés : Les investisseurs ayant souscrit avant le 31/12/2023 conservent leurs réductions d’impôt jusqu’à la fin de leur période d’engagement (6, 9 ou 12 ans). - La défiscalisation via d’autres dispositifs : Le Denormandie (pour la rénovation dans les centres-villes) et le LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel) restent accessibles, avec des conditions adaptées. - Un marché locatif toujours dynamique : La demande reste forte, notamment pour les logements éco-responsables et les résidences étudiantes ou senior, secteurs porteurs.

⚠️ Les risques à anticiper

- Baisse de l’offre de logements neufs : Sans incitation fiscale, les promoteurs pourraient ralentir les constructions, aggravant la pénurie dans certaines zones. - Pression à la hausse sur les loyers : Moins de logements disponibles = concurrence accrue entre locataires, surtout dans les grandes villes. - Réévaluation des stratégies d’investissement : Les rendements bruts pourraient chuter sans avantage fiscal, poussant les investisseurs vers des actifs plus rentables (coliving, résidences services, etc.).

📊 Chiffre clé : Selon la FPI (Fédération des Promoteurs Immobiliers), 30 % des projets neufs prévus en 2024 pourraient être reportés ou annulés faute de dispositifs incitatifs.

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Locataires : vers une aggravation de la crise du logement ?

Pour les ménages en quête d’un toit, la fin du Pinel pourrait exacerber les difficultés déjà présentes :

- Moins de logements intermédiaires : Le Pinel ciblait les ménages aux revenus modestes mais trop élevés pour les HLM. Sans lui, cette catégorie risque de se retrouver sans solution abordable. - Des loyers en hausse : La rareté de l’offre pourrait pousser les propriétaires à augmenter les prix, surtout dans les zones tendues. - Un recours accru aux garanties locatives : Les bailleurs, plus sélectifs, pourraient exiger des garants solvables ou des dossiers ultra-complets, marginalisant les profils fragiles.

➡️ Solution alternative : Les logements sociaux intermédiaires (LSI) et les baux mobiliers (comme le coliving) pourraient gagner en popularité, mais leur développement reste lent.

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Quelles alternatives pour investir dans l’immobilier en 2024 ?

Malgré la disparition du Pinel, des leviers fiscaux et stratégiques existent pour optimiser son investissement :

🔹 1. Le dispositif Denormandie (jusqu’en 2026)

- Pour qui ? Les investisseurs prêts à rénover un logement ancien dans un centre-ville dégradé. - Avantage : Réduction d’impôt jusqu’à 21 % du montant des travaux (plafonnée à 300 000 €). - Zones éligibles : 222 villes en France, dont Lille, Marseille ou Nantes.

🔹 2. Le statut LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel)

- Pour qui ? Ceux qui visent une rentabilité locative élevée (étudiants, touristes, travailleurs mobiles). - Avantage : Amortissement du bien et exonération partielle des revenus sous conditions. - Inconvénient : Gestion plus complexe (meublé = turnover élevé).

🔹 3. Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier)

- Pour qui ? Les épargnants souhaitant diversifier sans gestion directe. - Avantage : Rendements stables (4 à 6 % brut/an) et liquidité relative. - Risque : Frais d’entrée élevés et fiscalité sur les revenus.

🔹 4. L’investissement en résidence services (étudiants, seniors, santé)

- Pour qui ? Les investisseurs cherchant des baux longs et sécurisés (9 à 12 ans). - Avantage : Loyers garantis par un exploitant, fiscalité avantageuse (Censi-Bouvard jusqu’en 2024). - Exemple : Les résidences EHPAD ou étudiantes offrent des rendements nets autour de 5 %.

💡 Conseil d’expert : « En 2024, la clé est la diversification : mixer LMNP, SCPI et résidence services permet de lisser les risques. »Gestionnaire de patrimoine chez Patrimoine Store.

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Et demain ? Les pistes pour relancer le logement abordable

Le gouvernement planche sur de nouvelles mesures pour éviter un effondrement de l’offre locative :

- Un « Pinel 2.0 » ciblé : Un dispositif recentré sur les zones très tendues et les logements éco-performants, avec des plafonds de loyer plus stricts. - Des incitations à la rénovation : Extension du MaPrimeRénov’ pour les bailleurs, afin d’améliorer le parc ancien. - Un renforcement des LSI : Développement des logements sociaux intermédiaires via des partenariats public-privé.

🗓️ À suivre : Les annonces du projet de loi Logement 2024, attendu pour le deuxième trimestre, pourraient rebattre les cartes.

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Conclusion : une page se tourne, une nouvelle s’écrit

La fin du Pinel marque la fin d’un modèle… mais aussi l’opportunité de repenser l’investissement locatif de manière plus durable et équilibrée. Pour les investisseurs, l’heure est à l’innovation (coliving, résidences thématiques) et à l’optimisation fiscale (Denormandie, LMNP). Pour les locataires, la situation reste précaire, mais des solutions émergent (LSI, baux solidaires).

🔮 Notre pronostic : D’ici 2025, le marché locatif français pourrait se segmenter en deux vitesses : un neuf haut de gamme pour les investisseurs aisés, et un parc ancien rénové pour les ménages modestes, soutenu par des aides publiques.

> « La fin du Pinel n’est pas une crise, mais un électrochoc nécessaire pour inventer un nouveau modèle. »Analyste chez MeilleureSCPI.com.

📌 À retenir : - Investisseurs : Diversifiez (LMNP, SCPI, résidences services) et ciblez les zones en tension. - Locataires : Explorez les logements intermédiaires et les aides locales (APL, garanties Visale). - Promoteurs : Anticipez les nouvelles normes environnementales (RE 2020) pour rester éligibles aux futurs dispositifs.

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Vous envisagez un investissement locatif en 2024 ? Partagez vos questions en commentaire, nos experts vous répondent !