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Copropriété et activités prohibées : quels risques pour les contrevenants ?

Copropriété et activités prohibées : quels risques pour les contrevenants ?

Dans l’univers complexe de la copropriété, le règlement intérieur joue un rôle clé pour préserver l’harmonie entre résidents. Pourtant, certains propriétaires ou locataires s’aventurent à exercer des activités non autorisées au sein de leur logement ou des parties communes, ignorant souvent les conséquences juridiques et financières qui en découlent. Quels sont les risques encourus ? Comment le syndicat des copropriétaires peut-il réagir ? Voici un éclairage complet sur ce sujet épineux.

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1. Quelles activités sont généralement interdites en copropriété ?

Chaque règlement de copropriété définit des restrictions spécifiques, mais certaines activités reviennent fréquemment dans les clauses prohibitives :

- Les activités commerciales ou professionnelles non déclarées (bureaux, ateliers, commerces en ligne avec stock important). - Les locations saisonnières non autorisées (type Airbnb), surtout dans les immeubles résidentiels. - Les activités bruyantes ou polluantes (artisanat lourd, répétitions musicales, élevage d’animaux). - Les transformations structurelles sans accord (aménagement de locaux en studio, suppression de cloisons porteuses). - Les usages contraires à la destination de l’immeuble (transformation d’un appartement en local associatif ou religieux).

> ⚠️ À noter : Même si une activité n’est pas explicitement mentionnée, elle peut être jugée illicite si elle porte atteinte à la tranquillité, à la sécurité ou à la salubrité de l’immeuble.

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2. Quels sont les risques pour le contrevenant ?

Enfreindre les règles de copropriété n’est pas anodin. Voici les sanctions possibles, classées par ordre de gravité :

A. Mise en demeure et amendes internes

Le syndicat des copropriétaires, via le syndic, peut adresser une mise en demeure au contrevenant, lui demandant de cesser son activité sous un délai précis (généralement 15 à 30 jours).

- Si l’activité persiste, des pénalités financières (jusqu’à plusieurs centaines d’euros par infraction) peuvent être appliquées, comme prévu dans le règlement. - Ces amendes sont votées en assemblée générale et peuvent être réclamées en justice si nécessaire.

B. Action en justice pour trouble anormal de voisinage

Les voisins lésés (ou le syndicat) peuvent engager une action en justice pour :

- Faire constater le trouble (bruit, nuisances, dégradations). - Obtenir la cessation immédiate de l’activité par ordonnance de référéré. - Demander des dommages et intérêts pour préjudice subi (perte de valeur du bien, trouble à la jouissance paisible).

> 💡 Exemple concret : Un copropriétaire transformant son appartement en salle de sport collective sans autorisation a été condamné à remettre les lieux en état et à verser 15 000 € de dommages aux voisins (TGI de Paris, 2021).

C. Résiliation du bail (pour les locataires)

Si le contrevenant est locataire, le propriétaire-bailleur peut :

  1. Lui notifier un congé pour manquement aux obligations locatives (art. 7 de la loi du 6 juillet 1989).
  1. Demander l’expulsion en cas de non-respect, avec l’appui d’un huissier.

D. Vente forcée du lot (cas extrême)

En dernier recours, si l’activité illicite met en péril la structure de l’immeuble ou cause un préjudice irréparable, le tribunal peut ordonner la vente forcée du lot (art. 10 de la loi du 10 juillet 1965). Cette mesure reste exceptionnelle mais a déjà été appliquée pour des ateliers industriels clandestins ou des locations touristiques abusives.

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3. Comment le syndicat peut-il agir efficacement ?

Pour faire respecter le règlement, le syndicat doit suivre une procédure rigoureuse :

  1. Constater l’infraction : Réunir des preuves (témoignages, photos, rapports d’huissier, plaintes des voisins).
  1. Engager un dialogue : Envoyer une lettre recommandée au contrevenant pour lui proposer une régularisation à l’amiable.
  1. Saisir l’assemblée générale : Faire voter une résolution pour engager des poursuites (majorité requise : art. 25 de la loi de 1965).
  1. Recourir à la médiation : Avant d’aller en justice, une médiation (via un conciliateur de justice) peut éviter un procès long et coûteux.
  1. Porter l’affaire devant les tribunaux : Si nécessaire, saisir le tribunal judiciaire pour obtenir une injonction de cessation ou des dommages.

> ✅ Bon à savoir : Les frais de procédure (avocat, huissier) sont généralement à la charge du contrevenant si le syndicat obtient gain de cause.

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4. Que faire si vous êtes accusé à tort ?

Vous pensez que l’activité que vous exercez est légitime mais le syndicat vous poursuit ? Voici comment vous défendre :

- Vérifiez le règlement de copropriété : Certaines clauses peuvent être abusives ou obsolètes (ex. : interdiction totale de télétravail). - Consultez un avocat spécialisé : Il pourra contester la légalité de la mise en demeure ou négocier un compromis. - Demandez une modification du règlement : En assemblée générale, proposez un amendement pour autoriser votre activité sous conditions (horaires, isolation phonique, etc.). - Saisissez le médiateur : La Commission départementale de conciliation (CDC) peut aider à trouver une solution équitable.

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5. Prévention : comment éviter les conflits ?

Pour les copropriétaires comme pour les syndicats, la prévention est la meilleure solution :

Clarifier le règlement : Rédiger des clauses précises mais réalistes, en évitant les interdits trop larges. ✅ Organiser des réunions d’information : Expliquer aux nouveaux résidents les règles essentielles dès leur arrivée. ✅ Mettre en place un comité de voisinage : Pour désamorcer les tensions avant qu’elles n’escaladent. ✅ Prévoir des espaces dédiés : Certains immeubles aménagent des locaux partagés pour les activités professionnelles légères (coworking, ateliers d’artistes).

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Conclusion : Respecter les règles pour vivre en harmonie

Exercer une activité interdite en copropriété expose à des risques juridiques et financiers majeurs, allant de l’amende à l’expulsion, voire à la vente forcée du bien. Pour les syndicats, une action rapide et méthodique est essentielle pour préserver la qualité de vie dans l’immeuble. Pour les copropriétaires, se renseigner avant d’agir et privilégier le dialogue évite bien des déboires.

> 🔍 Besoin d’aide ? > - Consultez un avocat en droit immobilier. > - Contactez l’ADIL (Agence Départementale pour l’Information sur le Logement) de votre région. > - Téléchargez des modèles de lettres sur service-public.fr.

Un immeuble apaisé est un immeuble où chacun respecte les règles – et où les conflits se règlent avant d’arriver devant les tribunaux.