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Bretagne : comment le dispositif fiscal pour l’investissement locatif a boosté le marché local sans sacrifier les intérêts régionaux

Bretagne : l’équilibre gagnant entre attractivité fiscale et préservation du territoire

Entre opportunités nationales et enjeux locaux, la région a su transformer un dispositif fiscal en levier de développement durable. Voici comment.

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Un cadre fiscal national, des retombées 100% bretonnes

En 2013, l’État français lançait un mécanisme incitatif pour dynamiser l’investissement locatif dans les zones tendues. Objectif affiché : stimuler la construction de logements neufs tout en offrant aux contribuables une réduction d’impôt substantielle. Mais derrière cette mesure uniforme, certaines régions – comme la Bretagne – ont su en tirer parti sans perdre le contrôle de leur marché immobilier.

Contrairement à d’autres territoires où l’afflux d’investisseurs a fait flamber les prix, la Bretagne a joué la carte de l’équilibre :

- Sélection ciblée des zones éligibles : Priorité aux communes où la demande locative était réelle, évitant ainsi les bulles spéculatives. - Encadrement des loyers : Des plafonds adaptés aux revenus locaux pour garantir l’accessibilité. - Partenariats public-privé : Collaboration avec les promoteurs pour intégrer des critères de durabilité (éco-construction, mixité sociale).

Résultat : Plus de 12 000 logements neufs construits en cinq ans, dont 60% dans des villes moyennes, là où le besoin se faisait le plus sentir.

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Les gagnants de l’opération : investisseurs, locataires… et collectivités

1. Pour les investisseurs : un rendement sécurisé

Avec une réduction d’impôt pouvant atteindre 21% du prix du logement étalée sur 9 ans, les particuliers ont vu dans ce dispositif un placement à la fois rentable et peu risqué. La Bretagne, avec son attractivité touristique et son dynamisme économique (pôles technologiques à Rennes, Brest ou Lorient), a attiré des profils variés :

- Des primo-investisseurs séduit par la stabilité du marché breton. - Des retraités cherchant à diversifier leur patrimoine. - Des non-résidents (notamment des Franciliens) misant sur la location saisonnière.

Exemple concret : À Saint-Malo, un studio neuf acheté 150 000 € en 2014 générait une économie d’impôt de 3 500 €/an pendant 9 ans, tout en étant loué 800 €/mois – un rendement brut de 5,3% avant avantage fiscal.

2. Pour les locataires : un parc immobilier modernisé

La pénurie de logements décents dans certaines villes (comme Quimper ou Vannes) a été partiellement résorbée grâce à cette vague de constructions. Les critères stricts du dispositif ont imposé :

Des normes énergétiques élevées (RT 2012, puis RE 2020). ✅ Des surfaces minimales (évitant les « placards à louer »). ✅ Des équipements collectifs (espaces verts, parkings sécurisés).

Conséquence : Une baisse de 15% des demandes non satisfaites dans les agences immobilières bretonnes entre 2015 et 2019.

3. Pour les communes : des retombées économiques durables

Au-delà de l’apport en logements, les collectivités ont bénéficié de :

- Des taxes locales dynamisées (taxe foncière, taxe d’habitation sur les résidences secondaires). - Des emplois créés dans le BTP et les services (gestion locative, entretien). - Une revalorisation des quartiers (ex. : la réhabilitation des docks à Lorient).

Chiffre clé : +42 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires pour les villes bretonnes sur la période.

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Les défis à relever : éviter les dérives

Malgré ces succès, des vigilances persistent :

La pression sur les centres-villes : À Rennes, certains arrondissements voient les prix au m² s’envoler (+28% en 5 ans), poussant les ménages modestes vers la périphérie. ⚠ La dépendance au dispositif : Que se passera-t-il quand le mécanisme prendra fin ? La région devra innover pour maintenir l’attractivité (ex. : aides régionales complémentaires). ⚠ L’équilibre touristique : Dans des zones comme le Golfe du Morbihan, la location saisonnière menace de déséquilibrer le marché de l’année.

Solution envisagée : Un zonage encore plus fin, avec des quotas de logements réservés aux résidents permanents.

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Et demain ? Vers un modèle breton d’investissement responsable

La Bretagne pourrait inspirer d’autres régions en couplant avantages fiscaux et politiques locales volontaristes. Parmi les pistes :

🔹 Un bonus écologique pour les logements à énergie positive. 🔹 Des incitations à la mixité (logements sociaux + privés dans un même programme). 🔹 Un fonds régional de garantie pour sécuriser les investisseurs en cas de vacance locative.

En conclusion, la Bretagne prouve qu’un dispositif national peut s’adapter aux réalités territoriales pour en faire un outil de développement équitable et pérenne. Une leçon à méditer pour les futures réformes du logement.

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> 📌 Le saviez-vous ? > La Bretagne est la 3ème région française en nombre de bénéficiaires de ce dispositif, derrière l’Île-de-France et la Nouvelle-Aquitaine… mais la 1ère en taux de satisfaction des investisseurs (source : Baromètre Immo 2023).