Bordeaux instaure un plafond sur les loyers : ce qui change pour locataires et propriétaires à partir de cet été
Bordeaux limite les loyers : une révolution pour le marché locatif en 2024
À partir du 15 juillet, la métropole bordelaise franchit une étape majeure en instaurant un plafonnement des loyers dans plusieurs quartiers. Une mesure attendue par les locataires, mais qui suscite des interrogations chez les bailleurs. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce dispositif inédit et ses répercussions.
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Pourquoi Bordeaux encadre-t-elle les loyers ?
La hausse vertigineuse des prix dans l’immobilier bordelais ces dernières années a rendu l’accès au logement de plus en plus difficile pour les ménages modestes et les jeunes actifs. Selon les dernières statistiques :
- +12 % d’augmentation des loyers en moyenne depuis 2020 dans les zones tendues. - Près de 40 % des locataires consacrent plus d’un tiers de leurs revenus au logement. - Un déséquilibre croissant entre l’offre et la demande, exacerbé par l’attractivité économique de la ville.
Face à cette crise, la métropole de Bordeaux a obtenu l’autorisation de l’État pour expérimenter un dispositif d’encadrement des loyers, inspiré de modèles déjà en place à Paris ou Lille. L’objectif ? Réguler le marché sans étouffer l’investissement locatif.
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Quels quartiers sont concernés ?
Contrairement à une idée reçue, tous les arrondissements ne sont pas logés à la même enseigne. Le plafonnement s’applique uniquement dans les zones dites « tendues », où la pression locative est la plus forte. Voici la carte des secteurs impactés :
- Centre-ville historique (Saint-Pierre, Saint-Michel, Chartrons) - Bassins à flot et Quartier des Chartrons (proximité des docks et dynamisme économique) - Saint-Jean-Belcier (effet gare TGV et requalification urbaine) - Nansouty – Saint-Genès (proximité des universités et des hôpitaux) - Parts de la rive droite (Bastide, Benauge), en pleine gentrification.
💡 À noter : Les communes périphériques comme Mérignac, Pessac ou Talence ne sont pas concernées par cette mesure – du moins pour l’instant.
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Comment fonctionnent les nouveaux plafonds ?
Le mécanisme repose sur un loyer de référence, calculé en fonction de plusieurs critères :
- La localisation précise du logement (quartier, proximité des transports, équipements).
- Le type de bien (studio, T2, T3, etc.) et sa surface habitable.
- L’année de construction (un coefficient peut s’appliquer pour les logements récents ou rénovés).
- Les équipements (ascenseur, balcon, parking, etc.).
Exemples concrets de loyers maximaux (en €/m²/mois)
| Type de logement | Centre-ville (Saint-Pierre) | Bassins à flot | Rive droite (Bastide) | |-------------------------|----------------------------|----------------|-----------------------| | Studio (20 m²) | 22 € | 19 € | 17 € | | T2 (40 m²) | 18 € | 16 € | 14 € | | T3 (60 m²) | 16 € | 14 € | 12 € |⚠️ Attention : Ces tarifs sont des moyennes indicatives. Le loyer exact dépendra d’une grille officielle publiée par la métropole.
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Quelles exceptions à la règle ?
Certains logements échappent à l’encadrement :
- Les locations meublées (sauf si le bail est signé après le 15 juillet 2024). - Les résidences principales louées moins de 4 mois par an (type Airbnb saisonnier). - Les logements sociaux (déjà soumis à des règles spécifiques). - Les biens neufs (construits après 2023) pendant 3 ans après leur mise en location.
🔍 Un propriétaire peut-il dépasser le plafond ? Oui, mais uniquement si son logement présente des atouts exceptionnels (vue sur la Garonne, terrasse de 50 m², etc.), justifiant une majoration de 20 % maximum.
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Quels impacts pour les locataires et propriétaires ?
Pour les locataires : un soulagement… sous conditions
✅ Baisse des loyers dans les zones les plus chères (jusqu’à -15 % pour certains biens). ✅ Plus de transparence : les annonces devront afficher le loyer de référence. ❌ Risque de pénurie : certains bailleurs pourraient retirer leur bien du marché locatif.Pour les propriétaires : entre adaptation et mécontentement
✅ Stabilité du marché : moins de turnover locatif et des baux plus longs. ❌ Rentabilité réduite pour les petits investisseurs (surtout ceux ayant acheté cher). ⚠️ Contrôles renforcés : la métropole annonce des sanctions en cas de non-respect (jusqu’à 5 000 € d’amende).---
Réactions du secteur immobilier : entre espoir et scepticisme
Les avis sont partagés :
> « C’est une avancée sociale nécessaire. Bordeaux ne peut plus être une ville réservée aux plus aisés. » — Claire D., locataire dans le quartier Saint-Michel
> « Avec les charges et les taxes, certains propriétaires vont se retrouver en difficulté. Sans compter que les loyers encadrés pourraient décourager les investisseurs. » — Marc L., gérant d’une agence immobilière bordelaise
Les professionnels du secteur soulignent aussi un risque de contournement : certains bailleurs pourraient privilégier les locations courtes (type Airbnb) ou rénover pour justifier des surcoûts.
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Que faire si mon loyer dépasse le plafond ?
Si vous êtes locataire et que votre loyer dépasse le plafond légal, voici les démarches à suivre :
- Vérifiez l’éligibilité de votre logement via le simulateur officiel de la métropole.
- Contactez votre propriétaire pour une renégociation à l’amiable.
- Saisissez la commission départementale de conciliation (CDC) en cas de refus.
- Portes plainte auprès de la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations) si nécessaire.
📌 À savoir : Les baux signés avant le 15 juillet 2024 ne sont pas concernés par la rétroactivité.
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Et après ? Un modèle pour d’autres villes ?
Bordeaux rejoint le club (encore restreint) des villes françaises à encadrer les loyers. Si l’expérimentation est concluante, d’autres métropoles comme Lyon, Toulouse ou Montpellier pourraient suivre.
🔮 Prochaines étapes : - Évaluation à 6 mois (début 2025) pour mesurer l’impact sur les prix. - Possible extension à d’autres quartiers si la demande reste forte. - Ajustements des plafonds en fonction de l’inflation et du marché.
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En résumé : ce qu’il faut retenir
✔ Date d’entrée en vigueur : 15 juillet 2024 ✔ Zones concernées : Centre-ville, Bassins à flot, rive droite (Bastide), etc. ✔ Loyers plafonnés selon une grille officielle (ex. : 22 €/m² max pour un studio en hyper-centre) ✔ Exceptions : Meublés, neufs, locations saisonnières ✔ Sanctions pour les propriétaires ne respectant pas les règles> « Ce n’est pas une solution miracle, mais c’est un premier pas vers un marché plus équilibré. » — Jean-Luc A., économiste spécialisé dans l’immobilier
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