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Acquisition immobilière en couple : comment sécuriser les droits de chacun ?

Acquisition immobilière en couple : comment sécuriser les droits de chacun ?

L’achat d’un logement représente souvent l’un des investissements les plus importants d’une vie. Lorsqu’il est réalisé à deux, cette démarche soulève des questions essentielles : comment garantir l’équité entre les conjoints ? Quels mécanismes juridiques privilégier pour éviter les litiges futurs ? Voici un guide complet pour y voir plus clair, adapté à chaque situation matrimoniale.

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🔍 Pourquoi le régime matrimonial influence-t-il vos droits ?

En France, le choix du régime matrimonial détermine la répartition des biens entre époux en cas de séparation ou de décès. Voici les trois principaux scénarios et leurs implications :

1️⃣ Régime de la communauté réduite aux acquêts (par défaut)

- Fonctionnement : Les biens acquis pendant le mariage (comme un logement) deviennent des biens communs, à parts égales. Ceux détenus avant le mariage restent propres à chaque époux. - Cas pratique : Si vous achetez une maison ensemble après votre union, elle sera divisée à 50/50, même si l’un a contribué davantage financièrement. - À savoir : Les dettes contractées pour l’achat (emprunt, travaux) engagent aussi les deux conjoints.

> ⚠️ Attention : En cas de divorce, la valeur du bien au jour de la séparation est prise en compte, pas son prix d’achat initial.

2️⃣ Régime de la séparation de biens

- Fonctionnement : Chaque époux conserve la pleine propriété de ses biens, qu’ils soient acquis avant ou pendant le mariage. - Cas pratique : Si seul votre nom figure sur l’acte de vente, votre conjoint n’a aucun droit automatique sur le logement, sauf en cas de contribution financière prouvée (ex. : remboursement partiel du crédit). - Solution pour équilibrer : Rédiger une convention de partage ou opter pour une indivision (co-propriété à parts définies).

3️⃣ Régime de la communauté universelle

- Fonctionnement : Tous les biens (présents et futurs) deviennent communs, y compris les héritages ou donations. - Avantage : Simplifie la transmission en cas de décès (le conjoint survivant hérite de tout). - Risque : En cas de dettes, les créanciers peuvent saisir l’intégralité du patrimoine commun.

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📝 Les démarches clés pour protéger votre conjoint(e)

Même avec un régime matrimonial adapté, certaines précautions s’imposent pour éviter les mauvaises surprises.

1. Vérifier l’acte de vente

- Nom des acquéreurs : Pour que les deux conjoints soient propriétaires, leurs noms doivent obligatoirement figurer sur l’acte notarié. Une simple mention comme "époux de" ne suffit pas. - Parts de propriété : Précisez les pourcentages (ex. : 60/40) si les apports financiers sont déséquilibrés. Cela évite les conflits en cas de revente.

2. Anticiper le financement

- Crédit immobilier : Si un seul époux emprunte, l’autre peut se porter caution pour sécuriser le projet. En revanche, sans contribution, il n’aura aucun droit sur le bien. - Épargne commune : Utiliser un compte joint pour les apports renforce la preuve d’une participation équitable.

3. Prévoir une clause de tontine (pour les couples mariés)

- Principe : En cas de décès, le conjoint survivant devient automatiquement propriétaire du bien, sans frais de succession (sous conditions). - À savoir : Cette clause est irrévocable et doit être inscrite dans l’acte notarié.

> 💡 Alternative pour les pacsés/conubins : La donation entre vifs ou un testament permet de léguer sa part à son partenaire, mais avec des droits de succession à payer (sauf abattement).

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⚖️ Que se passe-t-il en cas de séparation ou de décès ?

💔 Divorce ou rupture de Pacs

- Communauté réduite aux acquêts : Le logement est vendu ou racheté par l’un des ex-époux, avec partage de la plus-value. - Séparation de biens : Chacun récupère ses parts (sauf accord amiable pour un rachat). - Indivision : Si le bien est co-détenu, un partage judiciaire peut être nécessaire en cas de désaccord.

☠️ Décès d’un conjoint

- Avec clause de tontine : Le survivant hérite intégralement, sans formalités. - Sans clause : Les héritiers légaux (enfants, famille) peuvent réclamer leur part, sauf si un testament prévoit autre chose. - Pour les concubins : Aucun droit automatique – d’où l’importance d’un testament ou d’une assurance-vie.

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📌 Checklist pour un achat serein à deux

  1. Consulter un notaire pour choisir le régime matrimonial le plus adapté (ou modifier le vôtre via un contrat de mariage).
  1. Définir les parts de propriété dans l’acte de vente en fonction des apports de chacun.
  1. Prévoir une clause de tontine si vous souhaitez protéger le conjoint survivant.
  1. Souscrire une assurance emprunteur couvrant les deux partenaires (même si un seul rembourse le crédit).
  1. Archiver les preuves des contributions financières (relevés bancaires, factures de travaux).
  1. Rédiger un testament si vous n’êtes pas marié(e) ou pacsé(e).

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🗣️ Témoignage d’expert

« Beaucoup de couples négligent l’aspect juridique par méconnaissance, alors qu’une simple consultation chez le notaire peut éviter des années de procédures. Par exemple, une clause de tontine coûte quelques centaines d’euros, mais épargne des milliers en droits de succession et en conflits familiaux. »Maître Sophie Laurent, notaire à Paris

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🔎 En résumé

- Mariés : Votre régime matrimonial détermine vos droits, mais des outils comme la tontine ou l’indivision les renforcent. - Pacsés/Concubins : Sans protection légale, un testament ou une donation est indispensable. - Financement : Impliquez les deux partenaires dans le crédit ou les apports pour équilibrer les droits.

🚀 Prochaine étape : Prenez rendez-vous avec un notaire pour personnaliser votre stratégie avant de signer chez l’agent immobilier !